Un nouveau rapport de l'Ined relance le débat de l'euthanasie en France

C’est ce que semble indiquer un rapport rendu publique lundi par l’Institut national d’études démographiques. En effet d’après celui-ci, près d’une mort sur deux en France serait précédée d’une décision médicale visant à réduire les souffrances du patient. 48%, c’est le nombre de décès annoncé par le rapport dont les décisions médicales auraient entraîné la mort du patient. Mais tous cela n’a rien d’illégal ! En effet la loi Leonetti, peu connue du grand publique autorise les médecins à abréger les souffrances de leur patient, si ceux-ci l’estiment nécessaire, en arrêtant un traitement prolongeant la vie, ou en augmentant les doses de sédatifs afin de réduire la douleur du patient. La mort est donc de plus en plus médicalisée, et ce rapport relance une nouvelle fois la question de l’euthanasie en France.

L’euthanasie, peu demandée par les patients ?

C’est ce que semble vouloir nous faire croire les média. En effet comme on peut le lire un peu partout, les demandes d’euthanasie ne dépasseraient pas les 2% en milieu médical… Malheureusement ce rapport de l’Ined ne prend en compte que les demandes d’euthanasie auprès des médecins, qui ne l’oublions pas sont les interlocuteurs les plus éloignés des patients en milieu médical… Il suffit de consulter le personnel pour le comprendre : la plupart des patients sont tout à fait conscient que la lois française n’autorise pas la mort sur demande, pourquoi donc perdre son temps à la demander ?

Ce sont donc majoritairement des aides soignants, personnel le plus proche des patients au quotidien qui reçoivent ces demandes. Souvent de la part de patients fatigués, éreintés, qui demandent simplement à mourir dignement, sans souffrance… Impuissants, ceux-ci ne perdent pas leur temps à remonter l’information jusqu’aux médecins, et tentent de soutenir moralement les patients, tout en leur prodiguant des conseils. « Libérez-vous, je suis peut-être impuissant, mais vous en avez le pouvoir », ce sont les conseils qu’un jeune aide soignant souhaitant resté anonyme avoue avoir déjà prodigué de nombreuses fois aux patients les plus désespérés… Celui-ci ajoute : « les patients qui désire l’euthanasie, du fait de leurs souffrance (moral ou physique), de leur solitude etc… On des propos, voir des actes suicidaires (quand ils le peuvent), ou est la dignité la dedans ?… »

Mais alors pourquoi vouloir minimiser le nombre de demandes d’euthanasie dans ce rapport, qui montre pourtant que la mort médicalement assistée se démocratise ? Est-ce une nouvelle forme de fuite afin de repousser le débat ? Il n’en reste pas moins que la France, comme pour beaucoup d’autres sujets, reste très en retards. Malheureusement cela prouve une nouvelle fois que nous ne somme pas prêt de voir apparaître une législation de l’euthanasie dans notre pays, malgré un gouvernement de gauche au pouvoir…